mardi 13 février 2018

Carême 2018


Carême 2018

Demain, tous les catholiques du monde entier entreront en Carême. Quelle force et quelle puissance de salut, cela représente! Nous sommes tellement habitués à quantifier les choses, à mesurer l’impact de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas. Or le domaine du spirituel est non quantifiable; il échappe à toute emprise et à tout calcul. Et pourtant son influence sur le monde est indéniable et nécessaire pour la bonne marche des choses et pour la vie en société. Imaginons qu’il n’existe plus en ce monde, et en particulier au Québec, de moines et de moniales, ces personnes qui dédient leur vie entière à la prière, à la charité et à la mortification pour le salut du monde. Imaginons que l’eucharistie ne soit plus célébrée sur la planète. Si cela se produisait, nous assisterions sûrement à une dégradation de la qualité de vie dans le monde. Cela est sûr.

Comme chrétien, je suis persuadé que Dieu ne se laisse pas dépasser et vaincre par le mal; je suis convaincu que le bien surpasse le mal, même quantitativement. Mais je suis tout aussi certain que si plus personne ne priait Dieu, que si personne ne s’associait à la Passion et à la Résurrection de Jésus pour le salut du monde, notre pauvre planète serait un lieu où résiderait la mort ou tout au moins une atmosphère morbide. Nous n’avons, pour nous en convaincre, qu’à regarder les lois que passent les sociétés dite évoluées et souvent peuplées de nombreux athées: lois sur l’avortement, sur l’armement sans limite, sur l’euthanasie, pour ne parler que de celles qui regardent l’être humain et quoi encore; toutes ces lois privilégient la mort sur la vie. Et ici, je n’ai même pas mentionné les lois qui favorisent la pollution et donc la mort d’animaux, de plantes et de tous les organismes vivants. Les derniers papes que l’Esprit Saint nous a donnés ne cessent d’encourager la CULTURE DE LA VIE comme réaction à la CULTURE DE LA MORT qui a court dans de nombreux pays. La joie, la vie, la bonté, l’attention aux autres et au bien d’autrui, sont souvent des valeurs que l’on retrouve plus facilement dans les pays dits « sous-développés ». Pour ma part, je considère les nations super industrialisées et malheureusement de plus en plus athées comme étant presque des sous-produits de l’espèce humaine (1). Et je crie haut et fort, en union avec un de mes auteurs-compositeurs-interprètes québécois préférés: « HEUREUX LES PAUVRES ».

« Heureux les pauvres
Debout les pauvres
Car le Royaume des cieux vous appartient
Car le Royaume des cieux est en vos mains. »
                                                       
                                                                 (Richard Vidal, chant: L’Autre Visage)

Le Carême est un des deux temps forts de l’année pour les catholiques, avec l’Avent qui nous prépare à Noël. Le Carême quant à lui, nous prépare à la plus grande fête de l’année: la fête de Pâques. Un temps fort nous invite et nous incite à faire plus pour le Seigneur et pour le salut du monde. Que ferai-je, que feras-tu de plus dans ta vie pour vivre ce temps béni? Je t’invite à offrir ce que tu feras de plus dans ta vie de prière ou de charité pour que plusieurs personnes participent à la session Vie nouvelle et pour que de jeunes adultes deviennent disciples-missionnaires en notre paroisse.   
                                                                                                               P. Guy, omv, curé.

Extrait du message du pape François pour le Carême de cette année:

Un cœur froid

Dans sa description de l’enfer, Dante Alighieri imagine le diable assis sur un trône de glace[2]; il habite dans la froidure de l’amour étouffé. Demandons-nous donc: comment la charité se refroidit-elle en nous? Quels sont les signes qui nous avertissent que l’amour risque de s’éteindre en nous?
Ce qui éteint la charité, c’est avant tout l’avidité de l’argent, « la racine de tous les maux» (1Tm 6, 10); elle est suivie du refus de Dieu, et donc du refus de trouver en lui notre consolation, préférant notre désolation au réconfort de sa Parole et de ses Sacrements.[3] Tout cela se transforme en violence à l’encontre de ceux qui sont considérés comme une menace à nos propres «certitudes»: l’enfant à naître, la personne âgée malade, l’hôte de passage, l’étranger, mais aussi le prochain qui ne correspond pas à nos attentes.

La création, elle aussi, devient un témoin silencieux de ce refroidissement de la charité: la terre est empoisonnée par les déchets jetés par négligence et par intérêt; les mers, elles aussi polluées, doivent malheureusement engloutir les restes de nombreux naufragés des migrations forcées ; les cieux – qui dans le dessein de Dieu chantent sa gloire – sont sillonnés par des machines qui font pleuvoir des instruments de mort.

L’amour se refroidit également dans nos communautés. Dans l’Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, j’ai tenté de donner une description des signes les plus évidents de ce manque d’amour. Les voici: l’acédie égoïste, le pessimisme stérile, la tentation de l’isolement et de l’engagement dans des guerres fratricides sans fin, la mentalité mondaine qui conduit à ne rechercher que les apparences, réduisant ainsi l’ardeur missionnaire.[4]

Que faire?

Si nous constatons en nous-mêmes ou autour de nous les signes que nous venons de décrire, c’est que l’Église, notre mère et notre éducatrice, nous offre pendant ce temps du Carême, avec le remède parfois amer de la vérité, le doux remède de la prière, de l’aumône et du jeûne.   (Pape François, message pour le Carême 2018)


(1) Je suis conscient que cette façon de m’exprimer peut sembler méprisante aux yeux de certains. Je m’exprime ainsi en réaction au fait que certaines personnes athées considèrent les croyants en Dieu comme étant des personnes simples ayant peu évolué et que la pauvreté maintient souvent dans l’ignorance. Ignorance et croyance en Dieu sont souvent associées dans l’esprit des tenants de l’athéisme. Pour moi, le fait de ne pas croire en Dieu réduit en quelque sorte l’être humain à l’état animal, le propre de l’animal étant de ne pas être ouvert du tout à l’infini. Le « roseau pensant » dont a parlé Blaise Pascal, n’est pour certains qu’un animal un peu plus évolué, mais un animal tout de même. Penser ainsi est vraiment sous-évaluer l’espèce humaine.  

Chant: L’Autre Visage

Voici les paroles d’un chant composé par Richard Vidal pour le lancement du livre Debout les pauvres! de Laurette Lepage, le 28 mai 2009.

L’Autre Visage un soir m’a révélé
Le Serviteur qu’on a défiguré:
Les sales déchets, les sans-victoire
Les crucifiés sur nos trottoirs.

Quand tu iras
Marcher près de leur peur,
Tu sentiras
Le souffle de mon cœur;
Je te le dis:

« Heureux les pauvres
Debout les pauvres
Car le Royaume des cieux vous appartient
Car le Royaume des cieux est en vos mains. »

L’Autre Visage m’a dit de regarder
Les engelures de notre société :
Les froides nuits, les longs calvaires,
Les rêves morts dans la misère.

Quand tu iras
Toucher leur dur enfer
Tu reviendras
Le coeur plein de prière.
Je te le dis:

« Heureux les pauvres
Debout les pauvres
Car le Royaume des cieux vous appartient
Car le Royaume des cieux est en vos mains. »

L’Autre Visage m’a tant enraciné
Dans son amour des plus abandonnés :
Les rejetés, les charbons noirs,
Les oubliés du dépotoir.

Quand tu iras
Sur leur terrain brûlé,
Tu reviendras
Les yeux illuminés.
Je te le dis:

« Heureux les pauvres
Debout les pauvres
Car le Royaume des cieux vous appartient
Car le Royaume des cieux est en vos mains. »

Chant composé par Richard Vidal, pour le lancement du livre
 Debout les pauvres! de Laurette Lepage, le 28 mai 2009.


Questions pour un partage:
Es-tu fier de vivre dans un pays du premier monde, dans un pays super industrialisé? Comment perçois-tu les pauvres? Sont-ils pour toi la chance de l’Église, l’avenir de l’Église?
Que feras-tu de plus pour le Seigneur et pour le salut du monde en ce Carême 2018 ?






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