mercredi 31 mai 2017

Pétition en vue de la canonisation de Pier Giorgio

Pétition en vue de la canonisation de Pier Giorgio  
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Tombeau du Bienheureux Pier Giorgio Frassati, cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin

Le 22 mai dernier, j’ai écrit un blogue pour vous encourager à signer une pétition en vue de la canonisation de Pier Giorgio Frassati. Je n’avais pas encore lu la longue lettre que des jeunes ont écrite au pape François pour qu’il considère cette requête. Puisque j’avais promis à une amie de traduire pour elle ce long texte, je me suis mis à la tâche aujourd’hui, en ma journée de congé. Voici le résultat. Si vous avez des doutes sur ma façon de traduire certains passages, n’hésitez pas à aller voir le texte original écrit en anglais. (1)

+JMJ+

                                                                                           Le 20 mai 2017

Cher Saint-Père   

En préparation du prochain synode sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel », vous avez demandé d’entendre les jeunes du monde entier vous parler eux-mêmes de leurs vies, de leurs espoirs et des idées qu’ils ont concernant leur propre vie de foi et leur rôle dans l’Église. Vous voulez aussi les entendre parler des préoccupations et des luttes qu’ils ont à vivre au grand jour leur foi chrétienne. Émus de cette attention envers nos préoccupations, nous, les jeunes du monde entier, vous écrivons pour une requête spéciale.

Vous avez montré dans plusieurs de vos interventions que vous comprenez à quel point il est souvent difficile pour nous les jeunes, de vivre au grand jour notre foi et devenir ce que nous sommes appelés à être: des saints! Très Saint Père, parfois cela nous semble non seulement difficile, mais impossible. Nous sommes tentés de penser ainsi: « Il y a eu des saints dans le passé, mais est-ce le cas de nos jours? Peut-être que c’est le cas pour ceux qui ont trouvé leur vocation, mais ce n’est probablement pas mon cas. »

Nous savons bien que ce n’est pas correct de penser ainsi, mais pour combattre de telles pensées, nous avons besoin qu’on nous montre que ce n’est exact. Nous avons besoin d’un saint qui soit « un de nous », encore jeune, pas entièrement sûr des grands plans que Dieu peut avoir sur lui ou sur elle, et vivant à notre époque, et non pas lors d’un lointain passé.

Étant donné ce besoin et la dévotion évidente qu’il y a dans le monde entier envers le Bienheureux Pier Giorgio Frassati, nous vous demandons humblement de vous servir de l’occasion du prochain synode pour nous donner un signe clair que la sainteté est possible, même de nos jours, pour nous les jeunes, en faisant entrer notre bien aimé Bienheureux Pier Giorgio Frassati dans le giron des saints.

Nous demandons cette canonisation parce que le Bx. Pier Giorgio est d’une façon spéciale « un de nous », une jeune personne. Il n’a pas fondé une importante Congrégation et il n’a pas non plus gravi les échelons pour atteindre des positions de pouvoir; au lieu de cela, il a simplement vécu une vie ordinaire de chrétien avec un amour extraordinaire envers Dieu et les autres.

Le Bx. Pier Giorgio est mort à seulement 24 ans. Il n’avait pas « tout prévu ». Il était encore dans l’excitation et la confusion propres aux jeunes adultes, alors que nous commençons à peine à avoir un indice de la direction que prendront nos vies, et pourtant, il a vécu cet âge (notre âge) avec une vertu héroïque. Il n’a pas attendu qu’une grande décision soit prise, ou encore que la direction concrète que sa vie devait prendre soit claire pour lui, pour commencer à prendre les décisions quotidiennes et héroïques d’aimer qui caractérisent sa jeune vie. Il est ainsi pour nous un modèle de discernement, qui nous montre que les plus grandes questions vocationnelles sont souvent résolues graduellement à travers un discernement quotidien portant sur la façon dont nous aimons concrètement les personnes qui sont près de nous.

Vous connaissez bien, Très Saint-Père, l’histoire de ce remarquable jeune homme; vous savez donc qu’il est pour nous un modèle quant au service des pauvres, un modèle pour ceux qui sont aux études, un modèle pour ceux qui aiment les activités de plein air, pour ceux qui sont aux prises avec des situations familiales difficiles, et un modèle qui nous apprend la valeur extraordinaire de l’amitié en ces temps où l’individualisme va en augmentant. Finalement, et plus important encore, le Bx. Pier Giorgio est pour nous un modèle de jeune personne en amour avec Dieu. Sa vie de prière a inspiré ceux qui l’ont connu et continue de nous inspirer cent ans plus tard, et nous montre que nous pouvons aussi être remplis par le même Esprit qui a poussé Pier Giorgio à poser des gestes d’amour qui l’ont conduit au ciel.

Nous vous demandons humblement, cher Saint-Père, que le Bx. Pier Giorgio Frassati - qui est pour nous une inspiration à ne pas attendre que notre jeunesse passe pour commencer à aimer Dieu et le prochain de façon héroïque – soit élevé sur les autels de l’Église universelle en tant que saint canonisé.

Il n’y aurait peut-être pas de meilleure façon de nous montrer à nous les jeunes, qu’il est réellement possible de devenir saints, que d’annoncer que oui, en effet, « l’un de nous » a réussi à faire cela et est proclamé saint! Ce geste qui consisterait à canoniser le Bx. Pier Giorgio à l’occasion du synode consacré spécialement aux jeunes, nous prouverait que même nous, aussi jeunes que nous soyons, pouvons devenir des saints.

                                Avec un grand amour et la promesse de prier pour vous et votre ministère,

                                                                                                    Les jeunes du monde entier.


(1) Pour lire le texte de la pétition en anglais, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous:  


Voir aussi: 

Dieu ma joie: Pétition pour la canonisation de Pier Giorgio Frassati

dieumajoie.blogspot.com/2017/05/petition-pour-la-canonisation-de-pier.html




Vers le haut

VERS LE HAUT
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« Je lutte pour supprimer tout mon passé et tout ce qu'il enferme de répréhensible, afin de m'élever vers une vie meilleure. » Pier Giorgio Frassati

Mon « saint » préféré est Pier Giorgio Frassati. La devise qu’il nous a laissée ou encore le testament spirituel qu’il nous a légué, se résume en trois mots: « VERSO L’ALTO » « VERS LE HAUT ». Ces trois mots, il les a écrits un mois avant sa mort sur une photo où on le voit escalader une montagne et regarder « vers le haut » (voir la photo ci-dessus). 

En ces jours qui suivent la solennité de l’Ascension du Seigneur Jésus, nous lisons dans la liturgie cette phrase de saint Paul:

« Vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut: c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu Tendez vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre. » (Colossiens, 3, 1-2; Prière du temps présent, VII Mardi, à none).

Ces phrases de saint Paul, décrivent magnifiquement la spiritualité de Pier Giorgio Frassati. 

Pier Giorgio a été béatifié durant le temps de Pâques, à peu près à la période que nous vivons en ce moment en Église. La béatification, présidée par le pape Jean-Paul II, a eu lieu le 20 mai 1990. Ce jour-là, le pape a commencé son homélie par les mots suivants:

« Je prierai le Père et il vous donnera un autre Consolateur… l’Esprit de Vérité » (Jn 14, 15). Pendant le temps pascal, à mesure que nous nous approchons de la Pentecôte, ces paroles deviennent toujours plus actuelles. » ((Homélie de la Béatification de Pier Giorgio, le 20 mai 1990).

Karol Wojtyla (qui deviendra le pape Jean-Paul II), le 27 mars 1977, a qualifié Pier Giorgio Frassati «  d’homme des huit béatitudes ». Pour ma part, alors que nous sommes à quelques jours de la Pentecôte 2017, je me plais à qualifier Pier Giorgio « d’homme des neuf fruits de l’Esprit Saint ». Voici les neuf fruits de l’Esprit Saint:

-          l’amour
-          la joie
-          la paix
-          la patience
-          la bonté
-          la bienveillance
-          la foi
-          la douceur
-          la maîtrise de soi

Je veux aujourd’hui insister sur le dernier fruit de l’Esprit Saint: la maîtrise de soi. La maîtrise de soi a un lien direct avec la vertu de chasteté. Toute personne doit vivre chaste. La chasteté est le bon usage du corps dans le domaine de la sexualité. Il existe une chasteté pour le célibat, pour le mariage, pour la vie consacrée, pour la vie religieuse et pour la vie sacerdotale. La chasteté n'est pas la continence. Il est vrai que pour certaines vocations, la façon de vivre la chasteté est en quelque sorte l'équivalent de la continence, c'est-à-dire de l’absence totale de relations sexuelles. Mais ce n'est pas le cas pour la vocation qu'est le mariage. Dans le mariage, l'union sexuelle est un très grand bien. Cependant, pour un couple marié, certaines façons de vivre la sexualité ne sont pas acceptables. En évitant ces façons de faire, le couple vit la chasteté conjugale

Si j’écris aujourd’hui un blogue intitulé « Vers le haut », c’est en raison du fait que je lis présentement le magnifique livre de madame Odile Haumonté, intitulé: Au quotidien avec l’Esprit Saint. Dans la deuxième partie de son livre, Mme Haumonté commente chacun des neuf fruits de l’Esprit Saint. Le chapitre 9 est intitulé: LA MAÎTRISE DE SOI. Ce chapitre comprend des sous-titres. Un des sous-titres a immédiatement attiré mon attention et vous comprendrez facilement pourquoi. À la page 159 de son livre, Mme Haumonté a mis le sous-titre suivant: Vers le haut. Cette auteure a déjà écrit un roman sur Pier Giogio Frassati, intitulé: L’ange des pauvres. Je ne serais pas surpris que consciemment ou non, Mme Haumonté ait pensé à Pier Giogio en écrivant le chapitre de son livre qui porte sur la « maîtrise de soi ». HAUMONTÉ: quel beau nom pour écrire la vie d’un jeune homme qui a toujours voulu « monter plus haut ».

Voici quelques phrases tirés du chapitre intitulé « La maîtrise de soi »:

« Définition: La maîtrise de soi (egkrateia) signifie la tempérance, la maîtrise des appétits, y compris sexuels.
… La maîtrise de soi rejoint la chasteté quand elle concerne les désirs ou les élans sexuels.

Vers le haut

    La maîtrise de soi, comme la volonté car l’une ne va pas sans l’autre, s’éduque, se travaille et se fortifie. Elle est une conquête, une victoire de chaque instant. Et si je tombe, je me relève aussitôt. Louis Martin, de ses doigts habiles d’horloger, sculptait pour ses filles, dans de la moelle de sureau, de petites figurines lestées de plomb qui se redressent quand on les fait tomber (on dirait aujourd’hui des Culbuto). Il en profitait pour leur enseigner que, dans la vie, il faut se relever après chaque chute et toujours regarder plus haut. »

Mme Haumonté termine ce chapitre en citant le numéro 2342 du Catéchisme de l’Église catholique, qui dit ceci :

«  La maîtrise de soi est une œuvre de longue haleine. Jamais on ne la considérera comme acquise une fois pour toutes. Elle suppose un effort repris à tous les âges de la vie. »

Je suis persuadé que Pier Giorgio avait une très haute idée de la chasteté et qu’il s’efforçait de vivre au mieux cette vertu, non sans efforts cependant. Voici deux textes qui parlent explicitement de la chasteté de Pier Giorgio:

« Le secret de son zèle apostolique et de sa sainteté, doit être recherché dans l’itinéraire ascétique et spiri­tuel qu’il a parcouru; dans la prière, dans l’adoration persévérante, même la nuit, du Saint Sacrement, dans sa soif de la parole de Dieu, scrutée dans les textes bibliques; dans l’acceptation sereine des difficultés de la vie, notamment familiales, dans la chasteté vécue comme une discipline joyeuse et sans compromis; dans la prédilection quoti­dienne pour le silence et la « normalité » de l’existence. » (Jean-Paul II, Homélie de la Béatification de Pier Giorgio, le 20 mai 1990).

NDLR: Il est regrettable que dans la traduction officielle en langue française de l’homélie de la béatification, on traduise de la façon suivante les mots du pape Jean-Paul II que j’ai mis ci-dessus en caractères gras: « dans la chasteté vécue comme une discipline librement choisie en toute sérénité, et sans compromis ». Les mots que je viens de mettre en caractères gras sont très beaux et même très vrais, mais le traducteur aurait mieux fait de s’en tenir au mot « joyeux » (« comme une discipline joyeuse ») que l’on retrouve dans le texte en langue italienne et anglaise, la joie étant une des caractéristiques les plus évidentes et les plus admirables de la personnalité de Pier Giorgio Frassati. 

« Il est important aussi de souligner qu’un chapitre entier de la Positio (document officiel prouvant l’héroïcité des vertus d'un candidat ou une candidate que l'on veut un jour canoniser) est dédié aux trois vertus spéciales - la pureté, la pauvreté et l’obéissance - qui ont tissé la vie de Pier Giorgio. Le fait que comme jeune laïc, lié par aucun vœu, il ait voulu et ait su vivre la chasteté grâce à un comportement cordial et réservé avec tous, être détaché des richesses, malgré le fait d’être dans une famille aisée, et d’obéir à toute autorité légitime, démontre à l’évidence à quel point il s’efforçait de tout son cœur à faire sienne les béatitudes évangéliques. » (Carla Casalegno,  Pier Giorgio Frassati, Effata Editrice, p. 197).

Prière: Cher Pier Giorgio, aide-nous à avoir une grande estime de la chasteté à vivre cette vertu chrétienne en visant toujours plus haut.  Amen.




dimanche 28 mai 2017

Ascension 2017: le mandat missionnaire

Ascension 2017: le mandat missionnaire
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Nous fêtons en fin de semaine l’Ascension du Seigneur Jésus. Ce mystère est vraiment déconcertant. Nous célébrons à la fois le départ de Jésus pour le ciel et sa présence permanente parmi nous.

L’évangile d’aujourd’hui nous présente le « mandat missionnaire » que Jésus nous a confié le jour même de son Ascension. Alors que Jésus quitte la terre, il confie à ses disciple la terre entière à évangéliser; rien de moins. Et pour cela, il leur promet que Lui, à qui « tout pouvoir a été donné au ciel et sur la terre, sera pour toujours avec eux » :  

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
    En ce temps-là,
    les onze disciples s’en allèrent en Galilée,
à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
    Quand ils le virent, ils se prosternèrent,
mais certains eurent des doutes.
    Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles :
« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
    Allez ! De toutes les nations faites des disciples :
baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
    apprenez-leur à observer
tout ce que je vous ai commandé.
Et moi, je suis avec vous
tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Voilà l’évangile d’aujourd’hui, en cette Solennité de l’Ascension, voilà le « mandat missionnaire » que Jésus a confié à ses apôtres le jour où Il est retourné au ciel. Un mandat, c’est une volonté explicite de quelqu’un, une tâche spécifique que le mandataire veut que nous accomplissions. On ne peut pas y échapper. Et ce mandat de Jésus, est un « mandat missionnaire »; ce mandat regarde la MISSION, le fait d’être envoyé.

C’est en quelque sorte un ordre que Jésus nous donne, pour le bien de toute l’humanité. Or quel est cet ordre. Pour bien comprendre cet ordre, nous devrions connaître le grec. Car l’évangile selon saint Mathieu, a été écrit en grec. Dans la traduction française, nous avons quatre ordre, quatre commandements: allez, faites des disciples, baptisez et apprenez aux autres ce que je vous ai commandé.

Mais dans le grec, le seul verbe qui est à l’impératif, c’est le verbe « faites des disciples ». Les trois autres verbes sont au participe présent et ils se rapportent tous les trois au fait de « faire des disciples ». De fait, Jésus dit ceci:

« Faites des disciples en allant
Faites des disciples en baptisant.
Faites des disciples en enseignant. »

Voilà le sens du mandat missionnaire quand on le lit dans sa langue d’origine. Le chrétien et la chrétienne doivent donc « faire des disciples ». Voilà leur devoir principal en tant que chrétiens. Toute la question est de savoir ce qu’est un disciple et comment on peut faire des disciples.

Il y a selon moi une caractéristique propre aux disciples de Jésus. Normalement, un disciple est quelqu’un qui suit un maître; qui se met à son école. Un disciple est quelqu’un qui apprend. Ce n’est pas normalement quelqu’un qui est tenu d’enseigner ce qu’il a appris. Mais le disciple de Jésus ne peut pas se contenter d’apprendre; il doit communiquer aux autres ce qu’il a appris. Il doit faire cela. C’est ce que Jésus attend de lui. C’est pour cette raison que le pape François, dans son exhortation apostolique La joie de l’Évangile, a inventé le mot « disciple-missionnaire »: « Nous ne disons plus que nous sommes « disciples » et « missionnaires », mais que nous sommes toujours « disciples-missionnaires » (La joie de l’Évangile, no. 120).

J’ai entendu cette semaine à la télévision catholique Sel et Lumière, une petite histoire très intéressante à ce propos. J’ai fait des recherches sur l’internet, pour voir comment on racontait cette histoire. J’ai remarqué qu’il y a plusieurs façons de rapporter cette histoire. Voici comment elle est racontée sur un site anglophone; la traduction est mienne: 

«  Il existe une vieille légende qui nous transporte dans le temps et nous ramène au jour où Jésus retourne au ciel après être mort sur la croix et être ressuscité. Selon la légende, l’archange Gabriel rencontre Jésus. Gabriel fronce les sourcils lorsqu’il voit les marques des cicatrices provenant de la vie éprouvante de Jésus sur la terre; spécialement les marques de la crucifixion. Gabriel dit alors: « Maître, vous avez souffert terriblement pour ceux qui sont sur la terre ». « C’est vrai », répondit Jésus. Gabriel continua: « Est-ce que tous sont au courant maintenant de votre vie et de votre pardon? » « Non, pas encore », dit Jésus « en ce moment, seulement une poignée de personnes sait cela. Seulement quelques personnes en Palestine sont au courant de ma mort et de ma résurrection ». Gabriel regarde Jésus avec perplexité: « Mais alors, demande-il, comment tout le monde va-t-il être mis au courant de votre extraordinaire vie, de votre mort sacrificielle, et de votre triomphante résurrection? » Jésus répondit: « J’ai demandé à Pierre, à Jacques, à Jean et à quelques amis, de le dire à d’autres personnes. Et quand d’autres personnes vont entendre cela et vont croire, ils le diront à leur tour à d’autres. Et vois-tu Gabriel, petit à petit toute la planète va avoir entendu le message ». Fronçant à nouveau les sourcils, l’ange répondit: « Mais, hmmm, vous savez comment le monde est. Qu’est-ce qui va arriver si ils …  si Pierre, Jacques et Jean se fatiguent? Et qu’arrivera-t-il s’il raconte cette histoire et que la génération suivante a d’autres préoccupations? Ou encore si une fois rendu au 18ème ou 21ème siècle, et que les gens ne soient plus du tout engagés dans l’exécution de ce mandat? Avez-vous fait d’autres plans? » L’Agneau de Dieu regarda l’archange dans les yeux et lui dit: « JE N’AI PAS D’AUTRE PLAN; JE COMPTE SUR EUX ». (Auteur inconnu). (1)

Jésus n’a pas de « plan B ». Il compte sur nous. Si l'Évangile de se répand pas, c'est d'abord et avant tout de notre faute. 

Cette histoire est belle à cause de cela: elle montre à l’évidence que nous sommes la seule chance pour que l’Évangile se répande et pénètre le monde. Cette légende est également belle parce qu’elle montre ce que c’est que d’être disciple. Le disciple chrétien est celui qui a à cœur de partager la foi qu’il a reçue par pure BONTÉ divine et en toute GRATUITÉ.

HEUREUSE, JOYEUSE ET FRUCTUEUSE ASCENSION À TOUS !!!!

Note: La Parole de Dieu contient des phrases très fortes et étonnantes. Par exemple, Jésus, lors du dernier repas qu’il a pris avec ses apôtres, a dit cette phrase étonnante: « Amen, amen, je vous le dis: celui qui croit en moi, fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père » (Jn 14, 12). À chaque fois que Jésus commence une phrase par « Amen, amen, je vous le dis », il veut attirer notre attention car ce qu’il va dire est très important. Cette phrase de l’évangile de saint Jean, est tout à fait appropriée à la solennité d’aujourd’hui, alors que Jésus retourne vers le Père.
Mais la liturgie de la messe d’aujourd’hui nous présente un autre de ces textes étonnants et très forts. C’est d’ailleurs une des phrases le plus fortes et le plus chargées de puissance de toute la Bible. Dans la deuxième lecture de la messe d’aujourd’hui, nous entendons saint Paul nous dire ceci:  
« Que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse qui vous le révèle et vous le fasse vraiment connaître. Qu’il ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle espérance vous ouvre son appel, la gloire sans prix de l’héritage que vous partagez avec les fidèles, et quelle puissance incomparable il déploie pour nous les croyants: c’est l’énergie, la force, la vigueur qu’il a mise en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux. » (Lettre aux Éphésiens, chapitre 1, versets 17 à 20).
Voilà qui est vraiment extraordinaire. L’étude du Saint Suaire de Turin nous a fait entrevoir quelque chose à laquelle nous avions très peu pensé: il a fallu une énergie incroyable pour ressusciter Jésus, une énergie bien plus grande que la bombe atomique. Or cette énergie et cette puissance, habitent le cœur de tous les baptisés. C'est ce que saint Paul nous dit dans sa Lettre aux Éphésiens. À bas donc la pusillanimité, le manque de confiance en nous et le manque d’audace. Nous pouvons faire énormément pour l’extension du Royaume de Dieu sur terre. La question que nous devons nous poser est la suivante: « Qu’attendons-nous? »
https://groupbiblestudy.com/i-have-no-other-plan-the-great-comm...

(2) Voir aussi: 

Dieu ma joie: Disciples-missionnaires

dieumajoie.blogspot.com/2015/06/disciples-missionnaires.html

Dieu ma joie: La Vierge Marie, modèle des disciples-missionnaires

dieumajoie.blogspot.com/2015/10/la-vierge-marie-modele-des-disciples.html






mercredi 24 mai 2017

Évangéliser par la bonté

Évangéliser par la bonté
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« Le fruit de l'Esprit est ... bonté » (Galates 5, 22)

« Aimer, c'est révéler à l'autre sa beauté » (Jean Vanier)

Cela fait une couple de jours que je désire écrire ce blogue. Mais il est providentiel que je l’écrive aujourd’hui car au Canada, le 24 mai, c’est la fête liturgique d’un de nos Bienheureux: Mgr Louis-Zéphirin Moreau, évêque. Dès ses premières années de sacerdoce, l’abbé Moreau manifestait une telle bonté envers les pauvres, que ceux-ci l’appelaient « le bon Monsieur Moreau ». Ce Bienheureux québécois et Canadien est né à Bécancour au Québec. J’ai habité pendant onze ans la paroisse voisine de Bécancour et l’évêque de Nicolet de l’époque, Mgr Raymond Saint-Gelais, avait confié à ma communauté la cure de la paroisse de Bécancour. Le jeune Louis-Zéphirin était de santé très fragile; à tel point que lorsqu’il demanda à l’évêque de Québec, Mgr Joseph Signay, de l’admettre au sacerdoce, celui-ci refusa, « estimant qu’il avait déjà assez de « pots fêlés » dans son diocèse » (Recueil de célébration liturgique en l’honneur du Bienheureux). Heureusement que l’évêque de Montréal, Mgr Bourget, a fait preuve de plus de clairvoyance et d’un meilleur discernement. Misère et grandeur de l’Église!

Tout cela pour dire que je suis heureux d’écrire ce blogue sur la bonté, alors que nous fêtons « le bon Mgr Moreau ».
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Mgr Louis-Zéphirin Moreau

J’achève la lecture du livre de madame Odile Haumonté, intitulé « Au quotidien avec l’Esprit Saint ». J’ai lu ces jours-ci certains passages de ce livre, qui m’ont beaucoup interpellé. Le cinquième chapitre de la deuxième partie du livre, porte sur le fruit de l’Esprit saint qu’est la BONTÉ. Voici quelques extraits tirés de la section qui a pour sous-titre les mots suivants: TU AS DU PRIX À MES YEUX:

« Que ce soit un soignant, une vendeuse, un garagiste, un guichetier, tout change s’il vous fait sentir que vous avez toute son attention, que vous êtes unique à ses yeux, que votre question le concerne. Que vous avez du prix à ses yeux. » (1)

Cela est vrai de la personne qui vous sert de l’autre côté d’un comptoir, mais c’est aussi vrai de nous lorsque nous demandons à être servis. Il m’est revenu à la mémoire un événement en apparence anodin, mais dont je n’ai malheureusement pas encore tiré toutes les conséquences pratiques pour ma vie. Lors d’une journée de congé, je suis allé acheter du pain dans une boulangerie renommée ici à Montréal. J’attendais d’être servi, me tenant derrière une jeune femme dans la trentaine, selon moi, qui elle, était en train de se faire servir. J’ai été très impressionné et très touché par la façon dont cette jeune femme, qui était très belle, cela dit en passant, s’adressait à la serveuse du magasin. Elle était toute gentillesse et tout sourire. J’ai été à ce point impressionné qu’au sortir du magasin, je me suis adressé à cette femme pour lui dire que sa façon d’être et sa façon d’interagir étaient magnifiques. Elle a semblé être étonnée de mes remarques, mais visiblement reconnaissante et très probablement flattée.

Depuis cet événement, je me dis souvent qu’une de mes meilleurs façons de témoigner de ma foi, serait de sourire aux personnes qui me servent dans les magasins où je vais et de leur dire un sincère « Comment allez-vous? »; de leur montrer qu’elles ont du prix à mes yeux. Et puisque je porte le collet romain, cette façon d’agir serait immédiatement associée à mon ministère de prêtre. Ce serait une façon extraordinaire à Montréal, de redorer en quelque sorte l’image du prêtre. Mais ce serait surtout faire honneur à Jésus notre Sauveur, qui est si doux et humble de cœur. Tout cela je le sais, mais je ne le fais pas. Je remercie madame Haumonté de me rappeler les prises de conscience que j’ai déjà faites, et je demande au Bienheureux Louis-Zéphirin Moreau de m’aider à être bon, très bon avec les gens. Toute personne a un besoin immense de sentir qu’elle a de la valeur. Et cela ne prend pas grand-chose normalement pour le lui manifester. Puisse l’Esprit Saint nous remplir de sa BONTÉ.

Mme Haumonté continue:

« Autrefois, le tissu social était teinté de christianisme, la religion imprégnait chaque moment de l’existence. Aujourd’hui, un mur sépare la pratique religieuse de la vie de tous les jours et ce mur est à abattre. J’ai à laisser ma vie de foi, comme une huile parfumée, glisser dans ma vie de famille, dans ma vie de couple, dans ma vie professionnelle, dans mes loisirs, dans mes conversations, dans mes achats, dans mes pensées. Dans certaines communautés religieuses, le soir du Lundi Saint, pour rappeler l’onction de Béthanie, on parfume une icône du Christ avec un mélange d’essences de rose et de chèvrefeuille. La chapelle est alors imprégnée de cette fragrance qui devient, pour les habitués, d’année en année, le parfum de la Semaine Sainte. Ainsi en est-il dans l’Évangile: « Toute la maison fut remplie de l’odeur de ce parfum » (Jn12, 3); ainsi en est-il de notre vie, toute remplie du parfum de l’amour. » (2)

Je m’attendais ici à ce que madame Haumonté cite cette phrase de saint Paul: « Nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ, parmi ceux qui accueillent le salut comme parmi ceux qui vont à leur perte » (2 Co 2, 15). À la toute fin du chapitre, comme elle le fait à chaque conclusion de chapitre, madame Haumonté a mis une citation. La citation qu'elle a choisie est du Cardinal Suhard: « La bonté, c’est bien le moyen le plus facile de ressembler à Dieu ». Je ne puis pas dire que je partage tout à fait cette façon de voir. Je dirais plutôt que « la bonté devrait être le moyen le plus facile de ressembler à Dieu ». Pour ma part, je crois être foncièrement bon, mais non pas « visiblement » bon. Je crois être foncièrement joyeux, mais non pas visiblement joyeux. Et pourtant, je sais que nous devons témoigner du « Dieu qui s’est rendu visible à nos yeux » (Préface de la messe de Noël).

« Je m’efforce d’aborder les gens avec un grand sourire et je réalise que, dans la grande majorité des cas, ce sourire est contagieux. Souriez et l’on vous sourira! » (Odile Haumonté, Au quotidien avec l’Esprit Saint, p. 138)


(1) Odile Haumonté, Au quotidien avec l’Esprit Saint, Éditions des Béatitudes, p. 135.

(2) Ibid, pp. 135-136.






   

lundi 22 mai 2017

Pétition pour la canonisation de Pier Giorgio Frassati

Pétition pour la canonisation de Pier Giorgio Frassati
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Pier Giorgio Frassati

Il y a deux jours, le 20 mai, nous avons commémoré le 27ème anniversaire de la béatification de Pier Giorgio Frassati par le pape Jean-Paul II. Pier Giorgio est mon « saint » préféré, même si je sais qu’il n’est pas encore canonisé. En l’honneur du futur saint, une pétition a été mise en ligne il y a deux jours, pour demander au pape François de profiter du synode qui aura lieu en octobre 2018 et qui aura pour thème « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel », pour canoniser Pier Giorgio. Si nous désirons qu’une personne soit canonisée, un des meilleurs moyens est de montrer aux autorités de l’Église que cette personne est aimée partout dans le monde et qu’elle exerce une grande influence sur les catholiques à travers la planète. Le but de la pétition que je vous invite aujourd’hui à signer, est précisément celui-là: montrer au pape François que Pier Giorgio est connu et aimé partout à travers le monde et que de nombreuses personnes désirent qu’il soit canonisé. 

J’ai appris que la pétition sera traduite en diverses langues et donc, très probablement, en français. Je viens pour ma part de la signer et je vous invite à en faire autant. Les personnes de tous âges sont invitées à signer la pétition.    

Pour accéder à la pétition, veuillez cliquer sur le lien suivant: www.piergiorgioletter.org

Au-dessus du dernier et plus grand rectangle, qui se trouve au bas de la pétition, il est écrit
« Sentez-vous libres de partager votre propre témoignage à propos du Bienheureux Pier Giorgio. Par exemple: comment vous l’avez connu; ce qu’il signifie pour vous; les grâces que vous avez reçues par son intercession, etc. Il n’est pas nécessaire que ce soit en Anglais; écrivez dans la langue où vous êtes le plus à l’aise. » 

Et complètement en bas, il vous est demandé:
« Pouvons-nous partager votre témoignage sur ce site web. Nous ne mettrons pas votre nom, mais seulement vos initiales. » Et vous répondez Oui ou Non ; Yes or No.

Dans la vidéo ci-dessous, un jeune prêtre Américain, Fr Michael Niemczak et Mme Wanda Gawronska, la fille de Luciana, soeur de Pier Giorgio, invitent les gens à signer la pétition. 

www.piergiorgioletter.org - YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=-grffmiQlcI
Il y a 2 jours - Ajouté par Pier Giorgio Letter
www.piergiorgioletter.org Fr. Michael Niemczak and Wanda ... world who would like to see BlPier Giorgio ...

Demain, le 23 mai, je me rappellerai que l'an dernier, à pareille date, je commençais un pèlerinage sur les pas de Pier Giorgio, dans le nord de l'Italie. J'ai visité ce jour-là (le 23 mai 2016) la résidence d'été des Frassati et j'ai célébré la messe à côté du lit dans lequel est décédé le jeune BIENHEUREUX. Voir le lien suivant: 

Dieu ma joie: Mon pèlerinage sur les pas de Pier Giorgio

dieumajoie.blogspot.com/2016/06/mon-pelerinage-sur-les-pas-de-pier.html




dimanche 21 mai 2017

Lettre d'un ami à son curé

Lettre d’un ami à son curé

En ce sixième dimanche de Pâques, je viens de recevoir la lettre ci-dessous qu'un de mes amis a écrite à son curé. Alors que depuis le "lundi de Pâques", nous lisons les Actes des Apôtres, qui nous présentent à chaque jour les disciples de Jésus en train de sortir dans les rues pour annoncer Jésus Ressuscité, je trouve que cette lettre "tombe pile". 

Objet : Voici une lettre à mon curé : je suis tanné d'entendre la phrase "en rouge"...

Hier durant la messe où tu prêchais, je me posais la question :
"Combien de gens dans l'assistance pouvait bien se demander vraiment
 avant d'arriver à la messe: 
" Devrais-je aller sur les places publiques pour évangéliser ?",
et ayant entendu une des phrases que tu as "encore" répétée en chair :
"Pas besoin d'aller sur les places publiques pour évangéliser !"
combien se sont "enfin" trouvés rassurés? 
Pour qui cela cause tant de problème pour en parler si souvent?
D'autant plus que, le maître que nous avons à imiter (et plus spécialement les consacrés),
a passé 3 ans à temps plein sur les places publiques, dans les maisons des gens, les synagogues
et le Temple de Jérusalem pour évangéliser sur les places publiques, dans les périphéries!
C'est quoi le problème avec le fait d'évangéliser sur les places?
N'est-ce pas la mission du clergé? et des laïcs qui ont senti un appel spécifique à le faire?

Pourtant, cette question sans cesse ressassée "de ne pas évangéliser sur les places",
je ne sens pas qu'elle vient des laïcs, mais plus du clergé...
un peu comme un remords de conscience incessant qui revient chez ceux qui ont comme
mandat premier d'être les imitateurs de la vie publique de Jésus,
et qui font, ou ont fait de leur vie, un ministère très reclus dans leur monde pastoral,
sans être dans les périphéries.

Nous les laïcs, nous étions "déjà" en périphérie et déjà sur les places publiques,
avant même que le pape François en parle, par le travail, les loisirs, la garderie,
l'épicerie, la maison à entretenir, la famille à visiter, etc.
Témoigner par ce que l'on est, notre joie, c'est notre quotidien;
et on sait, par expérience, qu'on ne peut pas écoeurer nos voisins ou notre parenté avec le Christ.
Ils n'en veulent pas, principalement à cause des scandales chez les prêtres pédophiles.
Ça, c'est notre réalité quotidienne: les gens de nos périphéries pourraient vouloir le contenu qu'est le Christ,
mais pas le contenant qu'est le clergé.

Quand le pape a commencé à parler de "périphérie", 
il parlait en tout premier lieu à son clergé, souvent reclus dans un cercle 
de travail religieux. Donc les périphéries, c'est d'aller rencontrer les gens
dans les maisons et les places publiques: être un signe distinctif, 
et le port d'un vêtement distinctif peut y contribuer.
Quand le pape François, n'était que prêtre ou évêque, il allait partout
et on le voyait partout avec son col romain. Les photos dans les autobus en témoignent.
On pouvait donc associer sa "joie", comme tu aimes tant le rappeler, à sa foi.
Un prêtre qui craint de s'afficher, à quoi peut-on le distinguer ou reconnaître sa joie ?
À Victoriaville, toute une jeune génération de jeunes gens ne savent
pas qui est prêtre ici ? Peut-on vous identifier facilement dans les périphéries?
Voici ce que je te propose.
Au lieu de dénigrer l'évangélisation sur les places publiques, 
qui doit se faire de toute façon (je vous envoie 2 par 2, etc),
tu pourrais apprendre aux gens à être reconnaissants pour tous ceux et celles
qui ont l'audace d'aller sur les places publiques pour faire connaître le Christ.
Apprends-leur que le Christ est "fier" d'eux !
Donc, ne plus en parler de façon à vouloir effacer et taire cette réalité.

Tu pourrais aussi apprendre aux gens, que la "joie" n'est pas la finalité de tout.
Que même un chrétien qui, par les épreuves, ne peut "ressentir" la joie d'être en vie,
s'il accomplit la volonté de Dieu et n'est "que" serein ou en paix par sa conscience,
peut être un plus grand témoin que celui qui est dans une joie, peut-être due
au fait que la vie a été facile pour lui, de par sa naissance ou son métier et son rang social.

Aussi, beaucoup de gens se sacrifient en vivant moins de joie mais en étant fidèle à l'évangile. 
Voici un exemple: certains pourraient en vivant une relation adultère,
recevoir ainsi de l'affection, du sexe et de la joie.
Mais pour être fidèle à la parole du Maître, ils y renoncent.
La joie n'est pas la finalité de tout, mais bien plus la recherche de la vérité dans l'amour vrai.

Dans la prière que Jésus nous a enseignée, et qui est la plus importante,
Jésus n'a pas mis l'accent sur la joie, mais sur l'accomplissement
de la volonté du Père, de dépasser la haine par le pardon, de demander ce qui est juste
et de vénérer Dieu.
Qu'en penses-tu ?

Il est très bon que les fidèles adressent de telles lettres à leur curé. Mais il n’est pas  nécessaire d’écrire; on peut tout simplement parler à notre curé face à face; mais jamais dans son dos. Parler dans le dos des prêtres, ce n’est pas édifiant. Rappelons-nous le dicton populaire qui dit ceci: « Qui mange du curé, en meurt ! ». Cette phrase ne veut pas dire « qui se nourrit de son curé en meurt »; le verbe « manger » a ici un autre sens:

manger du prochain (Québec)
Définition: Parler dans le dos de quelqu'un, de plusieurs personnes
Exemple: Les filles ont mangé du prochain toute la soirée  
(1)

En lisant cette lettre de mon ami, il m’est revenu à la mémoire la remarque ou le reproche que m’a fait un de mes paroissiens un jour, après une messe dominicale. Cet ami m’a dit ceci: « Je suis tanné (fatigué, écoeuré) de t’entendre dire que nos églises au Québec, sont vides. Premièrement ce n’est pas vrai. Nous avons une belle assistance dans notre église paroissiale. Deuxièmement, il n’existe aucune autre organisation au Québec qui réunit autant de membres à chaque semaine. Alors, de grâce, arrête de nous sortir une phrase pareille ! »

Je dois avouer que ce jour-là, cet ami paroissien a « éclairé mes lanternes ». Il avait tout à fait raison. Et je le remercie pour cette correction fraternelle. Depuis ce temps, je n’ai plus jamais dit en public que nos églises sont vides.

J’aime aussi ce que dit cet ami à propos de la joie. C’est vrai que la joie n’est pas un but, une finalité. Tant mieux si notre cœur est habité par la joie. La joie est avant tout un fruit de l’Esprit Saint. On peut donc toujours la demander comme un cadeau; j’allais écrire « comme un cadeau supplémentaire », que Dieu ajouterait aux innombrables cadeaux qu’Il nous fait.

L’ami qui a écrit cette lettre à son curé, vit une croix très pesante à tous les jours. Il aurait bien aimé se marier; mais il n’a jamais trouvé la femme que Dieu lui réservait peut-être. Tout cela est un mystère. Il n’en demeure pas moins que cet ami est convaincu qu’il a en lui la vocation au mariage, mais cette vocation n’a jamais pu éclore. Ce doit être très douloureux; d’autant plus que cette douleur est « quotidienne ». Mais cet ami va à la messe tous les jours, a une vie de prière et s’efforce de vivre l’Évangile et ses exigences du mieux qu’il peut. Bravo cher ami. Tu as raison en ce qui concerne la joie. Celui qui te le dit, est celui qui a un blogue intitulé: Dieu ma joie. En ce temps de Pâques, je demande à l’Esprit Saint de te faire un « cadeau supplémentaire ». 


(1) La Parlure - manger du prochain


www.laparlure.com/terme/manger-du-prochain/