samedi 3 décembre 2016

Adoration et intercession

Adoration et intercession
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Les "Recluses Missionnaires", Montréal

Comme vous le savez si vous lisez régulièrement mon blogue, nous avons mis en place il y a dix-huit mois environ, une chapelle d’adoration en notre paroisse. Cette chapelle se trouve à l’église Saint-Marcel, juste en dehors de l’enceinte de l’église, dans les locaux adjacents.

Nos paroissiens et paroissiennes prennent goût à adorer JÉSUS EUCHARISTIE. C’est pour moi une très grande joie. Je fournis aux adorateurs et adoratrices deux clefs: une pour débarrer la porte extérieure de nos locaux, et une clef pour débarrer la porte de la chapelle d’adoration. J’ai l’impression, en leur donnant leurs clefs, de leur faire cadeau des clefs du ciel. Et je leur dis en les leur offrant. Mais en réalité, ce n’est pas qu’une simple impression. De fait, je leur donne les clefs du ciel: le ciel sur terre, comme le ciel là-haut, consiste à être en présence et en communion avec Dieu. Sur terre, cette présence et cette communion se vivent de la façon la plus excellente au contact de l’EUCHARISTIE.

Nous sommes en chemin de réaliser en paroisse ce qu’on appelle communément « l’adoration perpétuelle ». Il n’y a pas de mal à voir grand, n’est-ce pas? Je juge que nous n’avons pas assez de mégalomanes en notre Église. Cela peut paraître bizarre de dire les choses ainsi. Mais c'est un peu vrai. Nos désirs spirituels et apostoliques sont souvent très minimalistes. Pour des gens qui sont appelés à porter l'Évangile à la terre entière, nous nous contentons souvent de peu. Aujourd'hui, l'Église célèbre la mémoire de saint François Xavier, le patron des missions. Si François Xavier a tant fait comme missionnaire, c'est qu'il voyait grand, très grand. La mégalomanie peut être une pathologie; mais elle peut être en quelque sorte une qualité et un atout. Le maire Jean Drapeau (ancien maire de Montréal) a souvent été qualifié de « mégalomane »; et pourtant, c’est le maire qui a mis Montréal « sur la carte », comme on dit, et qui a fait peut-être fait le plus et le mieux pour Montréal. Vous aurez compris que j'entends le mot "mégalomane" dans un sens particulier qui signifie: voir grand, viser grand. 

Il y a deux semaines, nous avons vécu quarante heures d’adoration; quarante heures d’adoration consécutives, jour et nuit. Chaque adorateur ou adoratrice était invitée à choisir une heure, de jour ou de nuit, où elle ou il allait adorer le Seigneur dans l’Eucharistie. Ce fut un grand moment pour notre paroisse. Plusieurs personnes ont été touchées par Dieu durant leur heure d’adoration. J’ai commencé à prendre les noms des paroissiens qui feront désormais une heure d’adoration par semaine. C’est en ce sens que je dis que nous sommes en chemin vers l’adoration perpétuelle.

Ces jours-ci, le Seigneur m’instruit sur la façon de vivre l’heure d’adoration que je propose aux gens et à moi-même. En fin de semaine dernière, j’ai invité trois témoins à prendre la parole lors de l’homélie dominicale et à dire aux gens comment ils avaient vécu leur heure d’adoration durant les quarante heures de la fin de semaine précédente. Un de ces témoins a révélé aux gens le bien qu’elle retirait de l’adoration eucharistique. Les deux autres témoins ont parlé exclusivement du fait que durant l’heure d’adoration, elles ont prié pour des gens qu’elles connaissent. Cela m’a beaucoup étonné d’entendre ces deux témoins parler ainsi de leur façon de vivre l’adoration eucharistique. Pour ma part, j’aime adorer en me tenant devant Jésus Eucharistie, sans dire quoi que ce soit, en étant simplement là, conscient d’être aimé par Jésus et en essayant d’aimer à mon tour Jésus.

Dimanche dernier j’ai mis mon nom sur la feuille que j’avais préparée en vue de l’adoration perpétuelle. J’ai choisi comme heure d’adoration le moment hebdomadaire suivant: le jeudi soir, de 22h à 23h. Je suis une personne qui reste facilement éveillée le soir. Je me couche normalement assez tard. Jeudi dernier, j’ai donc commencé à vivre ce changement d’horaire. Je suis allé adorer jeudi de 22h à 23h. À ma grande surprise, j’ai réalisé que j’avais passé beaucoup de temps à prier pour des personnes que je connais, et à les nommer par leur nom. J’ai réalisé que les deux témoins qui avaient parlé de leur intercession devant le Saint-Sacrement, avaient raison. Je suis conscient désormais qu’une des choses les plus belles que nous puissions faire durant notre heure d’adoration, c’est de prier pour les personnes que nous aimons et celles que nous n’aimons pas assez.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais lorsque quelqu’un me demande de prier pour lui ou pour elle, j’acquiesce volontiers à la demande, mais je parle rarement au Seigneur de cette personne dans ma prière. Lorsque nous donnons au Seigneur une heure de prière gratuite, nous avons le temps de mentionner les personnes qui se sont recommandées à notre prière. Et il n’y a pas de meilleur endroit pour « intercéder », qu’au pied de JÉSUS EUCHARISTIE. Cette expérience de prière en notre chapelle d’adoration, m’a fait penser au saint Frère André, un des grands apôtres de la Miséricorde qui a vécu ici à Montréal. Ce saint priait beaucoup pour les gens qui se recommandaient à ses prières; il passait beaucoup de temps à cela, surtout la nuit. Je pense que le Seigneur m’invite à imiter en cela le saint Frère André.

J’ai jeté ces jours-ci un coup d’œil sur la « constitution apostolique » que le pape François a écrite en juin dernier aux moines et moniales, et à toute personne qui mène la vie contemplative. Cette lettre écrite par le pape, porte le merveilleux titre suivant: « Chercher le visage de Dieu » (« Vultum Dei Quaerere). Le pape a de la suite dans les idées. Durant tout le Jubilé de la Miséricorde, il nous a invités à contempler le « visage de Jésus », le visage de Dieu. Dans cette constitution apostolique, il s’adresse aux personnes qui ont pour vocation spécifique, de chercher à toute heure du jour et de la nuit, le « visage de Dieu ». Voici un extrait de cette constitution, dans lequel il est clair que contemplation et intercession, vont de pair:

« Comme j’ai écrit dans l’Exhortation apostolique Evangelii gaudium: « la prière d’intercession ne nous éloigne pas de la véritable contemplation car la contemplation qui se fait sans les autres est un mensonge ».90

De cette façon, votre témoignage sera comme un complément nécessaire à la contemplation de ceux qui, contemplatifs au cœur du monde, témoignent de l’Évangile en restant pleinement immergés dans la réalité et dans la construction de la cité terrestre. » (1)


(1)  

VULTUM DEI QUAERERE

https://w2.vatican.va/...constitutions/.../papa-francesco_costituzione-ap_20160629_vu...


29 juin 2016 - FRANÇOIS. CONSTITUTION APOSTOLIQUEVULTUM DEI QUAERERE. SUR LA VIE CONTEMPLATIVE FÉMININE ...

mercredi 30 novembre 2016

La dévotion au Bon Larron

La dévotion au Bon Larron
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Gustave Moreau, Le Christ et les deux larrons 
J'aime cette peinture en raison du fait que le Bon Larron et Jésus se regardent dans les yeux.

Un des lecteurs de mon blogue, M. Richard Rouleau, m’a invité et convaincu de regarder la vidéo où l’abbé André Daigneault parle du Bon Larron. Richard m’a transmis cette invitation après avoir lu mon blogue sur le regard de Jésus (Dieu ma joie: Le regard de Jésus). J’ai donc deviné qu’il serait question du regard de Jésus dans les paroles d’André Daigneault. Et c’est le cas, comme vous pourrez le constater dans quelques instants ou en visionnant la vidéo.

Le visionnement de la vidéo suggérée par Richard Rouleau, m’a conduit à réaliser que la dévotion au Bon Larron est vraiment une dévotion à faire connaître aux gens du XXIème siècle. Pourquoi? Parce qu’il n’y a jamais eu autant d’athées sur la planète. Or l’athéisme est un mal profond, très profond. Je ne crois pas qu’on devienne foncièrement athée du jour au lendemain. Et il y a de fortes possibilités qu’une personne foncièrement athée, demeure athée jusqu’à la fin de ses jours. Voilà pourquoi la dévotion envers un saint qui s’est converti juste avant de mourir, peut être si importante. Car il ne fait aucun doute que le Bon Larron soit un saint. Comme le dit si bien l’abbé André Daigneault dans la vidéo ci-dessous, c’est le pape Jean-Paul II lui-même, qui a affirmé que le Bon Larron est le premier saint canonisé par Jésus lui-même:

« On dirait que dans ce texte de Luc, est documentée la première canonisation de l’histoire, accomplie par Jésus en faveur d’un malfaiteur qui s’adresse à lui en ce moment dramatique. Ceci nous montre que les hommes peuvent obtenir, grâce à la croix du Christ, le pardon de toutes leurs fautes et aussi de toute une vie mauvaise, et qu’ils peuvent l’obtenir aussi au dernier instant, s’ils se soumettent à la grâce du Rédempteur qui les convertit et les sauve. » (1)

Il y a une autre raison pour laquelle la dévotion au Bon Larron est plus importante que jamais. Ici, au Québec, et sûrement dans de nombreux endroits de la planète, surtout en Occident, l’indifférence religieuse est un fléau très répandu. Certaines personnes se disent athées, mais un très grand nombre de mes concitoyens se disent agnostiques ou indifférents à toute religion. Cela aussi est grave et dangereux. Car l’athéisme et l’agnosticisme (ou l’indifférence religieuse) sont soit le résultat de la dureté du cœur ou le chemin qui conduit inéluctablement à la dureté du cœur. Comme le dit si bien le Père Raniero Cantalamessa: « Le véritable obstacle à la miséricorde de Dieu n’est pas la gravité du péché de l’homme, mais l’endurcissement de son cœur, un cœur « impénitent » (2). Il est très facile de s’endurcir dans son athéisme ou dans son indifférence religieuse; le temps, à lui seul, se charge de « faire le travail ».  

Voilà pourquoi la dévotion au Bon Larron est tout indiquée pour les gens du XXIème siècle. Beaucoup de nos contemporains risquent de vivre jusqu’au moment de leur mort, dans l’athéisme ou l’indifférence religieuse. Et déjà, en ce moment même, je suis persuadé que de très nombreux de mes concitoyens qui s’approchent de la mort, ont le cœur endurci et non ouvert à Dieu. Que celui que la tradition nomme saint Dismas (c’est le nom qu’on donne communément au Bon Larron), prie pour nous.

Dans la vidéo ci-dessous, l’abbé Daigneault cite saint Augustin qui fait parler le Bon Larron. D’après ce que dit l’abbé Daigneault, au temps de saint Augustin, on aimait durant l’homélie faire parler les personnages de l'évangile, un peu comme on le ferait dans un « sketch ». On avait alors recours un peu à l’imagination. Dans une de ses homélies, saint Augustin fait dire au Bon Larron que c’est le regard de Jésus qui l’a converti. C’est une interprétation intéressante et très plausible, même si je crois personnellement que c’est la première parole que Jésus a prononcée sur la croix, qui est à l’origine de la conversion du Bon Larron : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Je vous encourage à lire des commentaires sur les sept dernières paroles de Jésus, alors qu’Il est « élevé » sur la croix. J’ai commenté à ma façon ces paroles dans des blogues écrits en avril 2012. 

La conversion obtenue par l’intercession du Bon Larron que raconte l’abbé Daigneault sur la vidéo, est assez impressionnante.

Saint Dismas, priez pour nous.

Prière au Bon Larron
Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fus assuré d’une entrée immédiate au Ciel, par la gratuité de l’Amour de Dieu, qui en un instant t’a transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté. Ainsi, envahi par le feu de l’Amour Divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la promesse que Jésus t’a faite: « Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le Paradis. » Amen.
Approuvé par Mgr François Lapierre, 24 février 2004

Saint Dismas, Basilique Saint Patrick, Montréal

Le Bon Larron : un grand oublié parmi les saints / André Daigneault ...

https://www.youtube.com/watch?v=JTCKKRWAmFg

21 juin 2011 - Ajouté par Un feu sur la terre
Populaire chez les Orthodoxes / Un terroriste qui fait preuve d'humilité et défend Jésus / Touché par « Père ...


(1) Texte traduit par moi de l'italien. Référence: Jean-Paul II, audience générale du mercredi 16 novembre 1988, 

(2) Raniero Cantalamessa, Le visage de la Miséricorde, Éditions des Béatitudes, Paris, 2016, p. 141.








mardi 29 novembre 2016

Procurer de la joie à Dieu

Procurer de la joie à Dieu
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Ce n’est pas pour rien que mon blogue s’intitule Dieu ma joie. La joie est un des éléments essentiels de ma spiritualité. Dieu est ma joie. Mais je dois aussi être la joie de Dieu, comme le dit ce passage du livre d’Isaïe: « Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu. » (Is 62, 5b). Un peu comme sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui disait souvent qu’elle désirait « faire plaisir au Bon Dieu » ou « faire plaisir à Jésus ». Quel beau désir que celui de vouloir procurer de la joie à Dieu !

Or qu’est-ce qui donne le plus de joie à Dieu? L’événement qui donne le plus de joie à Dieu, c’est lorsqu’un de ses enfants qui s’est égaré du droit chemin, revient à Lui, retourne pour ainsi dire à la maison. Voilà la plus grande joie que l’on puisse procurer à Dieu. Et en corollaire, l’acte qui donne le plus de joie à Dieu, est l’acte de pardonner. C’est donc en travaillant au salut des âmes, en essayant de ramener des brebis au bercail, que nous réjouirons surtout Dieu.

Les trois paraboles de la Miséricorde sont de petits joyaux en ce sens. Je lis en ce moment le très beau livre du Père Raniero Cantalamessa, intitulé: Le regard de la Miséricorde. Le livre contient de très belles pages sur les paraboles de la Miséricorde que l’on retrouve en saint Luc, au chapitre 15.

Le Père Cantalamessa nous dit que Jésus invente trois paraboles qui semblent présenter des situations humaines évidentes, mais qui, après analyse, ne sont pas si évidentes que cela et sont même contraires à l’expérience de tous les jours. Par exemple, Jésus dit : « Lequel d’entre vous, s’il possède 100 brebis et qu’il en perde une, ne laissera pas les 99 dans le pâturage, pour aller à la recherche de la brebis perdue? ». Or de fait, pas un berger ne ferait cela; pas une personne normale ne ferait cela. Le propriétaire des brebis aurait bien trop peur que durant son absence, beaucoup d’autres brebis ne se perdent. Mais il faut savoir que le but de la parabole n’est pas de nous renseigner sur l’être humain, mais sur Dieu. Dieu lui va agir comme ça: Il va chercher la brebis perdue jusqu’à ce qu’Il la retrouve. Pourquoi? Parce que, nous dit le Père Cantalamessa, Dieu ne sait compter que jusqu'à un. Quelle belle phrase! Quelle belle expression!

« Que pouvons-nous déduire pour notre vie de cette lecture « synchronisée » des trois paraboles? Avant toutes choses, ceci: que Dieu nous aime vraiment, que ce qui nous concerne et nous arrive ne le laisse jamais indifférent mais trouve un écho en son cœur, jusqu’à provoquer en lui angoisse, espérance, douleur et joie. Nous devons lui être vraiment chers!

Ensuite que nous lui sommes chers en tant que personnes et non en tant que masse ou en tant que nombres. Le fait que soit ainsi isolée une unique brebis, face à tout le reste du troupeau, sert à nous inculquer précisément que Dieu nous connaît par notre nom, que chacun de nous est son fils ou sa fille unique. Dieu ne sait compter que jusqu’à un, et ce « un », c’est chacun de nous! Mais n’est-ce pas, dans le fond, ce que fait tout vrai père, toute vraie mère sur cette terre? Si une maman a cinq enfants, elle ne divise pas son amour par cinq pour en donner à chacun un petit morceau, elle aime chacun avec tout l’amour dont elle est capable. » (1)

Le Père Cantalamessa nous dit que les trois paraboles de la Miséricorde que l’on retrouve l’une après l’autre en saint Luc, nous révèlent de façon évidente et fulgurante quelque chose sur Dieu que l’Ancien Testament n’avait fait que « révéler en sourdine »: non seulement Dieu est Amour, non seulement Dieu pardonne; mais Il trouve sa joie à faire Miséricorde:

« Si le contexte des paraboles est christologique, le texte, lui, est théologique. Elles contiennent en d’autres termes une révélation sur Dieu, et une révélation fulgurante. Si la miséricorde et l’amour (hesed) est le trait caractéristique de Dieu dans tout l’Ancien Testament, il faut alors dire que ces paraboles constituent le cœur de la révélation biblique sur Dieu et, en plus, elles ajoutent quelque chose qu’on ne savait pas auparavant, au moins de façon aussi claire, à savoir que Dieu se réjouit de faire miséricorde! Le prophète Michée disait déjà que Dieu « n’exaspère pas pour toujours sa colère, mais qu’il prend plaisir à faire grâce » (Mi 7, 18). Et là, ce qui jusque-là avait été dit « en sourdine », est proclamé sur les toits.

Revenons donc au cœur de ces paraboles qui est la joie de Dieu. Elle revient au moins trois fois dans les très courtes paroles du berger : Une fois retrouvée, « tout joyeux », il rentre chez lui …  Il dit à ses amis: « Réjouissez-vous avec moi » …  « Il y a de la joie devant les anges de Dieu ». Dans la parabole du père bon, la joie déborde et se transforme en fête; le père ne tient plus en place et ne sait quoi inventer; il sort son habit de fête, l’anneau marqué du sceau familial …, le veau gras. » (2)

Le Père Cantalamessa se demande pourquoi notre bon Père du ciel se réjouit davantage du retour de la brebis perdue que de la présence autour de lui des 99 autres brebis. Le cher Capucin nous dit que c’est le « poète théologien Charles Péguy » qui l’a le plus éclairé sur ce point. Péguy, dans son chef d’œuvre intitulé Le Porche du mystère de la deuxième vertu (la deuxième vertu, c’est « l’espérance »; quand on parle des trois vertus théologales, on les met toujours dans l’ordre suivant: la foi, l’espérance et la charité), dit que l’attente du Père qui est anxieux de voir revenir son fils prodigue, a fait naître en Dieu un sentiment nouveau, inconnu jusqu’alors. Ce sentiment, c’est l’espérance: « Tous les autres, Dieu les aime en amour. Mais cette brebis, Jésus l’a aimée aussi en espérance. »


(1) Raniero Cantalamessa, Le regard de la Miséricorde, Éditions des Béatitudes, Paris, 2016, pp. 105-106

(2) Ibid, pp. 97-98.







vendredi 25 novembre 2016

Le pape François et l'adoration

Le pape François et l’adoration
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Nous savons que le pape François aime adorer l’eucharistie. Il a même affirmé dans une entrevue qu’il a accordée à un de ses confrères Jésuites, que c’est sa manière préférée de prier:

« Je prie l’Office chaque matin. J’aime prier avec les psaumes. Je célèbre ensuite la messe. Et je prie le rosaire. Ce que je préfère vraiment, c’est l’Adoration du  soir, même quand je suis distrait, que je pense à autre chose, voire quand je sommeille dans ma prière. Entre sept et huit heures du soir, je me tiens devant le saint sacrement pour une heure d’adoration. » (1) 

Il y a un mois, le 20 octobre dernier, le pape a parlé de façon explicite de l’adoration à la messe qu’il célèbre chaque matin en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe. Je pense, personnellement, que le pape faisait référence à « l’adoration eucharistique ». Il a parlé de l’adoration en commentant la première lecture de la messe qui relatait le texte magnifique de saint Paul que voici:

« Je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom. Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l'amour, établis dans l'amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu. À Celui qui peut réaliser, par la puissance qu’il met à l’œuvre en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir, gloire à lui dans l’Église et dans le Christ Jésus pour toutes les générations dans les siècles des siècles. Amen. » (Éphésiens 3, 14-21)

Il recommande la prière de l’adoration lors de la messe à Sainte-Marthe

Le pape François a encouragé à savoir « perdre son temps » devant le Seigneur, lors de la messe en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe au Vatican, le 20 octobre 2016. Dans son homélie, il a particulièrement recommandé la prière de l’adoration.
Durant la célébration matinale, le pape a commenté la première lecture (Ep 3, 14-21), où saint Paul « s’immerge » dans la « mer immense qui est la personne du Christ ». Mais « comment pouvons-nous connaître le Christ ? », comment comprendre « l’amour du Christ qui dépasse toute connaissance ? », s’est-il demandé.
Lire l’Évangile et étudier le catéchisme sont des façons de connaître le Christ « mais cela n’est pas suffisant », a répondu le pape François: pour être en mesure de comprendre quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur de Jésus Christ, il faut entrer dans un contexte de prière (…) à genoux: l’adoration ».
« On ne connaît pas le Seigneur sans cette habitude d’adorer, d’adorer en silence », a assuré le pape en constatant que cette prière d’adoration était peu connue et pratiquée parmi les croyants. Il s’agit de savoir « perdre son temps devant le Seigneur, devant le mystère de Jésus-Christ. Adorer. Là en silence, le silence de l’adoration. Il est le Seigneur et je l’adore ». (2)
Sur un autre site internet, on rapporte les paroles du pape un peu différemment.

«Le Christ est présent dans l'Évangile, en lisant l'Évangile nous connaissons le Christ. Et cela chacun d'entre nous le fait, au moins quand nous allons à la messe nous entendons l'Évangile, affirme le Pape. Le catéchisme nous enseigne qui est le Christ. Mais cela ne suffit pas. Pour être en mesure de comprendre quelle est l’amplitude, la longueur, la hauteur et la profondeur de Jésus-Christ il faut pénétrer dans un contexte, de prière, comme le faisait Paul, à genoux: «Père, envoie-moi l'Esprit Saint pour connaître Jésus Christ».

Pour vraiment connaître le Christ, la «prière est nécessaire» insiste le Saint-Père mais précise-t-il, Paul a ajouté, «non seulement prie, mais adore ce mystère qui surpasse toute connaissance et dans un contexte d’adoration demande cette grâce» au Seigneur: «on ne connait pas le Seigneur sans cette habitude d’adoration, adorer en silence. Cette prière d'adoration, note le Pape, semble la moins connue, c’est celle que nous faisons le moins ». «Perdre du temps -si j'ose dire - devant le Seigneur, devant le mystère de Jésus-Christ. Adorer, en silence, dans le silence de l'adoration». (3)

Voici un autre texte du pape François sur l’adoration. Cette fois-ci, je n’appliquerais pas les paroles du pape à l’adoration eucharistique. On peut parler d’adoration sans référence à l’eucharistie. Adorer est une attitude que l’on peut avoir en tout temps et en tous lieux :

« L’adorer! Le passage de l’Apocalypse que nous avons écouté nous parle de l’adoration: la multitude d’anges, toutes les créatures, les êtres vivants, les anciens, se prosternent en adoration devant le Trône de Dieu et l’Agneau immolé, qui est le Christ, à qui vont la louange, l’honneur et la gloire (cf. Ap5, 11-14). Je voudrais que nous nous posions tous cette question: Toi, moi, adorons-nous le Seigneur? Allons-nous à Dieu seulement pour demander, pour remercier, ou allons-nous à lui aussi pour l’adorer? Que veut dire alors adorer Dieu? Cela signifie apprendre à rester avec lui, à nous arrêter pour dialoguer avec lui, en sentant que sa présence est la plus vraie, la meilleure, la plus importante de toutes. Chacun de nous, dans sa propre vie, de manière inconsciente et peut-être parfois sans s’en rendre compte, a un ordre bien précis des choses qu’il retient plus ou moins importantes. Adorer le Seigneur veut dire lui donner la place qu’il doit avoir; adorer le Seigneur veut dire affirmer, croire, non pas simplement en paroles, que lui seul guide vraiment notre vie; adorer le Seigneur veut dire que devant lui nous sommes convaincus qu’il est le seul Dieu, le Dieu de notre vie, le Dieu de notre histoire.

Cela a une conséquence dans notre vie: se dépouiller de beaucoup d’idoles petites et grandes que nous avons, et dans lesquelles nous nous réfugions, dans lesquelles nous cherchons et plaçons bien des fois notre sécurité. Ce sont des idoles que nous tenons souvent cachées; elles peuvent être l’ambition, le carriérisme, le goût du succès, le fait de se mettre soi-même au centre, la tendance à dominer les autres, la prétention d’être les seuls maîtres de notre vie, quelques péchés auxquels nous sommes attachés, et beaucoup d’autres. Ce soir, je voudrais qu’une question résonne dans le cœur de chacun de nous et que nous y répondions avec sincérité: ai-je pensé, moi, à cette idole cachée que j’ai dans ma vie et qui m’empêche d’adorer le Seigneur? Adorer c’est se dépouiller de nos idoles mêmes les plus cachées, et choisir le Seigneur comme le centre, comme la voie royale de notre vie. » (4)

Il y a un mystère dans la vie du pape François. Comment cet homme fait-il pour vivre une vie aussi intense sans prendre de journée de congé durant la semaine et sans prendre de vacance annuelle? J’avoue que c’est pour moi un mystère. Mais la clef du mystère réside selon moi en ceci: le pape François croit de tout son cœur en la parole de Jésus qui nous dit: « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » (Mt 11, 28) Lors de son voyage apostolique aux Philippines, le pape a dit en s'adressant aux familles: "Pour écouter et accepter l’appel de Dieu, pour préparer une maison à Jésus, vous devez être en mesure de vous reposer dans le Seigneur. Vous devez trouver le temps, chaque jour, de vous reposer dans le Seigneur pour prier. Prier c’est reposer en Dieu." (5) 


(1) Interview du pape François | Jésuites

www.jesuites.org/content/interview-du-pape-françois   

 

(2) Le pape encourage à savoir « perdre son temps » devant le Seigneur ...

https://fr.zenit.org/.../le-pape-encourage-a-savoir-perdre-son-temps-devant-le-seigneu... 

 

(3) François \ Homélies à Sainte Marthe - Radio Vatican

fr.radiovaticana.va/news/François/Homélies-à-Sainte-Marthe?p=1 


(4) 14 avril 2013 : Messe en la Basilique Saint-Paul-hors-les-murs ...

w2.vatican.va/.../fr/.../2013/.../papa-francesco_20130414_omelia-basilica-san-paolo.h... 


(5) Rencontre avec les familles au Mall of Asia Arena
https://w2.vatican.va/.../2015/.../papa-francesco_20150116_srilanka-filip..









Beauté et bonté de l'adoration eucharistique

Beauté et bonté de l’adoration eucharistique
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Voici quelques perles glanées sur le site internet suivant :

La Sainte Eucharistie : L'adoration eucharistique

www.spiritualite-chretienne.com/eucharistie/eucharistie-03.html

Sur ce site, vous trouverez les références de toutes les citations. Pour raccourcir un peu ce blogue, j’ai parfois omis d’indiquer la référence du texte.

Évangéliser sans adorer devient du prosélytisme; adorer sans évangéliser, de l'évasion.
Thomas Roberts, in Daniel-Ange, Jeunesse-Lumière, Le livre de Vie, p.106.

« J'ai soif, mais d'une soif si ardente d'être aimé des hommes au Saint Sacrement, que cette soif me consume ; et je ne trouve personne qui s'efforce de me désaltérer. »
Jésus à Sainte Marguerite-Marie (1647-1690), "Grande Apparition" de 1675.

Nous ne craignons pas de l'affirmer: le culte de l'exposition du très saint Sacrement est le besoin de notre temps; il faut cette proclamation publique de la foi des peuples en la divinité de Jésus-Christ et en la vérité de sa présence sacramentelle. […] Ce culte est nécessaire pour sauver la société. La société se meurt, parce qu'elle n'a plus de centre de vérité et de charité, mais elle renaîtra pleine de vigueur quand tous ses membres viendront se réunir autour de la vie, à Jésus dans l'Eucharistie. Il faut le faire sortir de sa retraite pour qu'Il se mette à nouveau à la tête des sociétés chrétiennes qu'Il dirigera et sauvera. Il faut Lui construire un palais, un trône royal, une cour de fidèles serviteurs, une famille d’amis, un peuple d’adorateurs.
Saint Pierre-Julien Eymard (1811-1868), fondateur de la Congrégation du Saint-Sacrement.  

Ne regardez pas comme perdus pour le bien les moments que vous passez au pied de l'autel ; c'est quand le grain est enseveli dans le sillon, que sa fécondité se déclare; l'entretien eucharistique, voilà la semence des vertus.
Saint Pierre-Julien Eymard 

Saint François de Sales avait fait de l'exposition du Saint Sacrement une occasion pour ramener les personnes à la foi de l'Église des Pères. Quand il arriva à Thonon, il n'y avait qu'une quinzaine de catholiques. En quatre ans, il y avait bien eu quelques personnes qui étaient revenues dans la barque de Pierre, mais fort peu. En octobre 1598, il décida d'organiser les Quarante Heures (*). Avec une audace folle, il passa tout l'été à préparer cette acclamation de l'unique Roi dans la Sainte Hostie. Le temps arriva enfin où Jésus fut exposé solennellement dans l'église de Saint Augustin : des draps d'or, des cierges, l'évêque, les prélats, un cardinal délégué du pape, tous devant le Seigneur de l'univers dans l'ostensoir. Des personnes vinrent de tout le Chablais. Des centaines de calvinistes venaient s'agenouiller devant le Saint Sacrement. En onze jours, les archives retiennent qu'il y a eu 2.300 personnes qui revinrent à l'Eglise de toujours, comme mûries au soleil du Saint Sacrement.
Maurice Henry-Coüannier, Saint François de Sales et ses amitiés, Monastère de la Visitation, Paris, 1993.

(*): Quarante heures de prière devant le Saint Sacrement: cette pratique fut instaurée en 1534 à Milan par le P. Joseph de Ferno (1485-1556), capucin, en mémoire des quarante heures que le Christ passa au tombeau. L'adoration se faisait alors au pied de l'autel. À partir de 1556, ces prières se firent devant Jésus exposé au Saint Sacrement. En 1765, Clément XIII étendra les Quarante Heures à l'Église universelle.

L'adoration eucharistique, c'est d'être là comme une fleur devant son Soleil. Si vous saviez quel est Celui qui vous regarde à travers ces voiles… Ne faites rien, n'importe ! Une vertu sortira de lui… Les bons anges vous enverront le souffle de sa bouche, la chaleur de son Cœur …  C'est dans l'adoration que l'homme intérieur est reconstitué, c'est par l'Eucharistie que s'accomplit la restauration de l'univers en Jésus ; et non seulement dans celui qui adore, mais dans l’humanité tout entière.
Théodelinde Dubouché (1809-1863, Lettres. (En religion Sœur Marit-Thérèse du Cœur de Jésus, fondatrice de l’Institut de l’Adoration Réparatrice)
 (1809-1863), Lettres.

Il s'agit toujours de deux regards qui se rencontrent : notre regard et le regard de Dieu sur nous. Si des fois notre regard flanche et vient à manquer, le regard de Dieu, lui, pourtant, ne vacille jamais. La contemplation eucharistique se contente parfois d'un simple acte de présence en compagnie de Jésus, à rester sous son regard pour Lui donner à Lui aussi, la joie de nous contempler, nous qui malgré notre état de créatures vaines et pécheresses, nous sommes toutefois le fruit de sa passion, nous pour qui Il a donné sa vie.
P. Raniero Cantalamessa, L'Eucharistie, notre sanctification, Centurion, Paris, 1989.

Tout est possible si une nouvelle ère eucharistique devient ce qui anime la vie de l'Église. Que l'amour et l'adoration de Jésus dans le Saint Sacrement soient donc le signe le plus lumineux de notre foi!
Jean-Paul II (1920-2005) 

Puisse cette forme d'adoration se poursuivre aussi à l'avenir, afin que, dans toutes les paroisses et communautés chrétiennes, s'instaure de manière régulière une forme d'adoration de la Très Sainte Eucharistie.
Jean-Paul II (1920-2005)

Pour vivre de l’Eucharistie, il faut, en outre, demeurer longuement en adoration devant le Très Saint-Sacrement, expérience que je fais moi-même chaque jour, y retirant force, consolation et soutien. Jean-Paul II  (cf. Ecclesia de Eucharistia, 25).

Le Rosaire lui-même, entendu dans son sens le plus profond, biblique et christocentrique, que j’ai recommandé dans la Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ, pourra être une voie particulièrement adaptée à la contemplation eucharistique, réalisée en compagnie de Marie et à son école.
Jean-Paul II (1920-2005), Lettre Apostolique Mane nobiscum Domine (18).

Il est émouvant pour moi de voir comment, partout dans l’Église, la joie de l’adoration eucharistique est en train de se réveiller, et que ses fruits se manifestent. C’est précisément dans cet acte personnel de rencontre avec le Seigneur que mûrit ensuite également la mission sociale qui est contenue dans l’Eucharistie et qui veut briser les barrières non seulement entre le Seigneur et nous, mais également et surtout les barrières qui nous séparent les uns des autres.
Benoît XVI, Discours adressé à la curie romaine à l’occasion de la présentation des vœux de Noël, 22 décembre 2005.

Je voudrais citer à ce propos une belle parole d'Edith Stein, la sainte co-patronne de l'Europe, qui écrit dans l'une de ses lettres: "Le Seigneur est présent dans le tabernacle avec divinité et humanité. Il est là, non pas pour lui-même, mais pour nous: car sa joie est d'être avec les hommes. Et parce qu'il sait que nous, tel que nous sommes, avons besoin de sa proximité personnelle. La conséquence pour tous ceux qui ont des pensées et des sentiments normaux est de se sentir attirés et de s'arrêter là à chaque fois et aussi longtemps que cela leur est permis" (Gesammelte Werke, VII, 136f). Nous aimons être avec le Seigneur ! Là, nous pouvons parler avec Lui de tout. Nous pouvons lui soumettre nos questions, nos préoccupations, nos angoisses. Nos joies. Notre gratitude, nos déceptions, nos requêtes et nos espérances. Là, nous pouvons également lui répéter toujours à nouveau: "Seigneur, envoie des ouvriers à ta moisson ! Aide-moi à être un bon ouvrier dans ta vigne! ". 
Benoît XVI, Homélie à la Basilique Sainte-Anne, Altötting, 11 septembre 2006.

Déjà saint Augustin avait dit: « nemo autem illam carnem manducat, nisi prius adoraverit;... peccemus non adorando – Que personne ne mange cette chair sans d'abord l'adorer; ... nous pécherions si nous ne l'adorions pas ». Dans l'Eucharistie, en effet, le Fils de Dieu vient à notre rencontre et désire s'unir à nous; l'adoration eucharistique n'est rien d'autre que le développement explicite de la célébration eucharistique, qui est en elle-même le plus grand acte d'adoration de l'Église. 
Benoît XVI  

Nous nous prosternons devant un Dieu qui le premier s'est incliné vers l'homme comme un bon Samaritain, pour le secourir et lui redonner la vie. Adorer le Corps du Christ veut dire croire qu'en lui, dans ce morceau de pain, il y a réellement le Christ, qui donne un vrai sens à la vie, à l'immense univers et à la créature la plus petite, à toute l'histoire humaine comme à la plus brève existence. L'adoration est prière qui prolonge la célébration et la communion eucharistique et dans laquelle l'âme continue à se nourrir : à se nourrir d'amour, de vérité, de paix ; se nourrit d'espérance, parce que Celui devant lequel nous nous prosternons ne nous juge pas, ne nous écrase pas, mais nous libère et nous transforme.
Benoît XVI, Solennité du « Corpus Domini » (Fête Dieu), jeudi 22 mai 2008.